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19# Ce que m’a appris le porte-à-porte (partie 1)

anthony savethechildren

Qu’est-ce qu’un homme si ce n’est une accumulation d’histoires vécues, rapportées, imaginées, qui, mises bout à bout, finissent par faire une vie?

Les oliviers du négus – Laurent Gaudé

Depuis mon départ de France, je considère ce voyage comme un grand terrain de jeu. Un jeu où il n’y a aucune règle et où je suis libre d’expérimenter ce que je veux. Après avoir travaillé dans les vendanges et la cueillette des kiwis, j’ai compris que ce type de travail ne m’apportait “presque” rien d’autre que de l’argent. J’ai donc décidé de trouver un travail qui pourrait me permettre de développer des compétences pour le reste de ma vie.

Je me suis donc lancé dans le porte-à-porte, et, après deux semaines d’apprentissage intensif, je voudrais vous partager tout ce que ce job m’a appris! 3. 2. 1. Partez! 😀

1. Devenir un créateur d’opportunité

En porte-à-porte, comme pour d’autres métiers, personnes ne viendra naturellement vers vous signer un contrat. Il faut aller chercher les opportunités. C’est donc un excellent apprentissage pour apprendre à devenir actif dans son job mais aussi dans ces projets de la vie de tous les jours.

Obtenir ce job dans cette entreprise? Découvrir un pays ou apprendre la guitare? Faire construire la maison de vos rêves? Apprendre une langue étrangère?

Un décor digne de la planète Mars - Tongariro Alpine Crossing - Île du nord

Un décor digne de la planète Mars – Tongariro Alpine Crossing – Île du nord

Nous sommes des êtres créateurs et rien ne se passera si l’on ne se bouge pas! Je pense à toutes ces personnes qui m’inspirent par les projets qu’il mène comme Paul et ses frères pour leur base nautique dans la drome, mon père qui retape une voiture de collection ou encore Esteban Ocon, notre pilote français en Formule 1. On porte souvent attention aux résultats, mais à quoi ressemble l’investissement passé pour obtenir ce résultat?

Nous n’avons pas le contrôle sur les résultats du loto ou la réaction d’une personne, mais nous avons le pouvoir sur le plus important: NOUS!

La première semaine de porte-à-porte, il m’est arrivé de rentrer un peu découragé face aux nombreux refus. Finalement, j’ai compris que la réaction des gens ne m’appartenait pas. S’ils me ferment la porte au nez parce qu’ils ont passé une mauvaise journée ou qu’ils ne sont pas intéressés, c’est leur problème, pas le mien. À présent, lorsque je tombe sur une personne négative, je comprends que derrière cette porte ne se cachait pas la bonne opportunité. Et si on allait voir à quoi ressemblait la suivante !? 🙂

2. Développer ses compétences relationnels

Voici l’une des choses qui m’attirait le plus dans ce métier: le contact avec les personnes. Étudiant. Médecin. Maçon. Néo-zélandais. Pakistanais. Français. Camerounais. Fidjiens. Américain. Chrétiens. Musulman. Chinois…

Péninsule du Coromandel - Île du nord

Péninsule du Coromandel – Île du nord

Il y a encore deux jours, alors que l’on se présentait à l’une des dernières portes de la journée, nous découvrions une famille à la gentillesse et à l’énergie épatantes. Nous sommes restés dix minutes avec ces personnes à échanger sur les différences de culture et les actions des organisations non-gouvernementales.

Il y a aussi cet afghan qui m’a évoqué la situation de son pays, ou encore cette femme avec qui j’ai ri du début à la fin de notre conversation.

Alors même si je rencontre des personnes négatives, je m’efforce de ne retenir que les bons moments à la fin de la journée.

Au final, la communication avec toutes ces personnes différentes permet de développer considérablement son intelligence sociale. Sur le long terme, cela permet de savoir s’adapter à un individu dans toutes les situations de la vie. Selon moi, cela n’a pas de prix!

3. Progresser en anglais

En suivant des cours d’anglais de qualité au collège, au lycée ou encore en école d’ingénieurs, je me suis senti comme un poisson dans l’eau dès mon arrivée en Nouvelle-Zélande… Non je rigole! Si les cours d’anglais rendaient bilingue, cela se saurait. Heureusement, l’immersion complète dans un pays anglophone permet de développer CONSIDÉRABLEMENT ses compétences linguistiques!

Avec ce job, c’est encore mieux. Je parle anglais tout le temps et je progresse donc énormément.

Pour la petite histoire, je suis tombé sur une camerounaise l’autre soir (et non, je ne les pas dragué, elle était bien plus vieille que moi! ^^). J’avais tellement l’habitude de présenter l’association en anglais, que le français m’a complètement déboussolé… Vous savez, ce genre de mot que vous utilisez tellement en anglais qu’il vous faut quelques secondes pour le retrouver en français. ^^

Cable Car - Wellington - Capitale de la Nouvelle-Zélande

Cable Car – Wellington – Capitale de la Nouvelle-Zélande

4. Apprendre à manipuler pour obtenir ce que l’on veut

Certains d’entre vous ont peut-être eu une réaction négative lorsqu’ils ont lu le mot manipuler. Vous vous dîtes certainement: “Antho, tu manipules des gens ce n’est pas bien?”. Pourtant, vous utilisez la manipulation autant que moi:

  • Lorsque vous faites un grand sourire à quelqu’un pour obtenir une réponse positive de sa part, vous manipulez!
  • Lorsque vous vantez vos résultats à votre patron pour obtenir une augmentation, vous manipulez!
  • Lorsque vous séduisez une fille, vous manipulez!

La seule différence entre vous, moi, et d’autres personnes, c’est que certains se servent de leur pouvoir de persuasion malhonnêtement, par exemple pour soutirer de grosses sommes d’argent ou vendre un produit dont les gens n’ont pas besoin.

Dans mon cas, en tant que vendeur en porte à porte, la persuasion est simple. Il s’agit de motiver les gens à faire des dons pour l’association SaveTheChildren. Cela afin de sauver des enfants dans le monde entier. Je pense qu’on est tous d’accord pour dire qu’il s’agit d’une manipulation positive. 😀

Et puis, je vous rassure, nous ne sommes pas les marionnettes du diable. Nous avons des règles.

  • Nous ne forçons jamais quelqu’un à donner.
  • Nous ne prenons pas d’argent au moins de 21 ans, aux handicapés mentaux ou aux personnes sous tutelles.

La seule chose que l’on fait, c’est présenter l’organisation comme elle est; une organisation présente dans plus de 120 pays, qui chasse la malnutrition et répond aux catastrophes humanitaires en aidant plus de 185 millions d’enfants chaque année. Cela afin de motiver les gens à nous rejoindre pour faire partie de l’aventure! 😀

5. Découvrir le travail à la commission

Qui s’est déjà investi énormément dans son travail pour au final n’en retenir aucune gratification ?

Je trouve cela dommage que dans de nombreux métiers, on ne récompense pas plus les salariés. On leur demande de mieux travailler, de plus s’investir, et ensuite, on leur donne une boîte de chocolats en fin d’année. Il y a un problème non??

Je comprends tout à fait que certaines entreprises puissent être en situation difficile, mais pour d’autres, c’est un peu du foutage de gueule… Tout le monde doit avoir sa part du cadeau : le PDG pour ses fortes responsabilités, les actionnaires pour leur aide au financement de l’entreprise, mais aussi les salariés pour leur investissement. Chacun a sa place. Les uns ne peuvent fonctionner sans les autres !

Il est donc bon de récompenser chacun pour la valeur qu’il apporte dans son entreprise.

"Il est donc bon de récompenser chacun pour la valeur qu'il apporte dans son entreprise."

“Il est donc bon de récompenser chacun pour la valeur qu’il apporte dans son entreprise.”

En porte-à-porte, nous sommes payés à la commission. C’est donc assez simple. Plus vous parvenez à faire en sorte que les gens rejoignent l’association, plus vous participer à aider des enfants dans le monde entier et plus vous gagnez de l’argent. C’est un bon deal, n’est-ce pas ?

Le travail au rendement a aussi ces inconvénients. Il est plus stressant. Si vous ne vendez rien, vous ne gagnez rien. J’ai gagné 150$ la première semaine et 300$ la seconde. C’est donc juste assez pour payer l’hébergement, la nourriture et un coca un pack de bière le week-end.

J’aurais pu gagner plus d’argent en taillant les kiwis huit heures par jour… Mais peu importe ! En porte-à-porte, j’ai pu acquérir des compétences qui me serviront pour le restant de ma vie. Elles sont donc d’une valeur inestimable ! 😀

Pour finir

Je ne suis pas sûr de continuer ce travail, car je dois atteindre des objectifs chaque semaine. Cependant, je m’investis chaque jour sur le terrain et les progrès sont présents. Je suis donc confiant pour la suite ! 😉

Rendez-vous la semaine prochaine pour la suite de l’aventure,

D’ici là, prenez soin de vous !

À très vite,

Anthony

25 juin 2017 – Christchurch – Île du sud

PS: Si un vendeur en porte-à-porte se présente à votre domicile. Ouvrez la porte! Ça pourrait être moi. 😉

PSS: Si vous avez cinq minutes, allez jeter un oeil aux belles actions de SaveTheChildren. Il parait que cela rend heureux. 😉

7 réponses
  1. CECILE VERNET
    CECILE VERNET dit :

    Bonjour Antho !

    Bien d’accord avec toi, chaque petite ou grande expérience de la vie nous faire progresser.
    Pour ce qui est du porte à porte, je serais bien contente que tu viennes en faire dans la Drôme… sonne et on t’ouvre !
    Bisous

    Répondre

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